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13/12/2009

Retour sur : Marc Merolli, la vie en garrigue, la peinture au coeur

102_2646.jpgDans le microcosme artistique Nimois, voilà un nom qui ne saute pas aux yeux mais qui mérite toute l’attention de passionnés d’art et de peinture. Marc Merolli, Cévenol dans l’âme, natif de la Grand Combe, vît avec sa famille dans la garrigue du côté de la route d’Uzès après être tombé « amoureux de cette ville depuis près de 40 ans ».

Son atelier au milieu des résineux regorge d’œuvres étranges et pénétrantes qui interrogent, laissent perplexe mais qui obligent à la curiosité et au développement des sens. Mais pour bien comprendre cet atypisme artistique, il faut d’abord connaître l’homme et son parcours. Après des études littéraires poussées, Marc Merolli aborde sa passion de la peinture avec un groupe de copains organisé sous le nom iodé de "décabrachide". L’artiste apprend les rudiments de la peinture avant de rejoindre dans les années 70 l’Association gardoise des artistes plasticiens. C’est dans ce cercle qu’il va se construire une personnalité d’artiste reconnu par ses pairs aux côtés d’illustres figures nîmoises comme feu Michel Gilles ou encore Gérard Lattier, José Pirès, Jean-Pierre Breton, Christian Astor notamment. Et c’est avec ce dernier qu’il qualifiera d’ailleurs de « grand peintre» qu’il va durant cinq ans travailler son style. Un style « dur, figuré, inspiré de la renaissance Italienne » son modèle. Il fera sa place dans le milieu « je me rappelle avoir mangé la rouille préparée par la maman de José Pirès au beau milieu de la galerie Jules Salles à Nîmes, c’était dans les années 70 ».

En 1989 tout bascule et l’artiste prend un nouvel envol « j’ai détruit tout ce que j’avais réalisé avant. J’avais besoin de m’exprimer à travers ma vraie personnalité, avec comme seule influence, mes sens ». Et il est bien difficile de relever sur ses oeuvres des inspirations figées car l’artiste peint sans domination, à la seule force de l’instant, à travers les jeux de lumière d’un moment, en incrustant une ombre furtive sur l’espace « je n’ai pas envie de dire, je m’adresse plus au ressenti qu’à la raison ». Le spectateur novice, lui, relèvera principalement une expression, celle de corps en souffrance, entrelacés, recroquevillés. Un style que Marc revendique sans la moindre hésitation « je ne fais pas de la décoration, ce que je fais c’est de la Peinture ».

A l’instar de Descartes, Marc est comme il peint et peint comme il est car dit-il « je ne cherche pas à plaire, je cherche à être profond comme d’autres le sont et souvent on se retrouve, au grès d’une expo ou d’un vernissage » confie t-il. A 59 ans, Marc Merolli expose actuellement 32 toiles à Clermont-Ferrand. La distance n’y faisant rien, Marc le Cévenol s’abrite discrètement dans cette Garrigue Nîmoise qu’il affectionne tant avec comme persuasion que la parole de l’artiste est infinie et comme leitmotiv, d’aimer, tout simplement.

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