02/10/2015

Croix de Fer - Fresque dans une école de Nîmes : les aficionados alertent François Hollande

L'observatoire national des cultures taurines a écrit à la présidence de la République, au Premier ministre et à la ministre de l'Education Nationale pour demander que la fresque à sujet taurin qui a été modifiée, dans la cour de l'école Prosper-Mérimée, soit restaurée dans sa présentation originale.

Le feuilleton de la fresque de l'école Prosper-Mérimée de Nîmes, représentant une scène de corrida naïve dessinée par des enfants il y a près de dix ans et qui a été modifiée sur la pression d'anticorrida, a connu un nouvel épisode ce vendredi matin.

 

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À l'heure des cours, un tract a été distribué aux parents d'élèves. Il est à l'origine de l'observatoire national des cultures taurines. Ce tract, qui a reçu, selon ceux qui l'ont distribué, un accueil favorable de la part des parents d'élèves, dénonce l'acte de censure que représente la modification du dessin. On apprend aussi "qu'au nom de la liberté d'expression et de la pluralité culturelle qu'il est indispensable de préserver", l'observatoire national des cultures taurines avait alerté François Hollande, le Président de la République; Manuel Valls, le Premier ministre ; Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l'Éducation Nationale. L'ONCT leur demande "que cette fresque soit restaurée dans sa présentation originale afin de ne pas imiter, si peu que ce soit, les déprédations déplorables des talibans à l'égard du patrimoine artistique".

Clubs taurins et comités de quartier solidaires

L'observatoire national des cultures taurines a bénéficié, à cette occasion, du soutien du club taurin Vomitoire 105 (représenté par Christian Royer, son président), des aficionados practicos (représentés par Jean Daumas et Alain Zahnd), du collectif des associations taurines de Nîmes métropole. 

Ils ont été rejoints par des représentants des comités de quartier de la Croix de fer et de Ventabren qui, selon Jean Guiu, le président du comité de quartier Ventabren, se placent, pour leur part, "dans une démarche culturelle et de liberté d'expression".

 

Le communiqué de l'Observatoire national des cultures taurines

"La détérioration délibérée, à la demande des services départementaux de l’Éducation Nationale du Gard, dont a été victime la fresque à sujet taurin de l’école Prosper-Mérimée de Nîmes, est un acte de censure qui revient à nier la réalité d’une culture incontestablement ancrée dans l’histoire et le présent de la région et de la ville de Nîmes et donc à heurter gravement la sensibilité de ceux qui y sont attachés.

La suppression des figures du torero et du toro, sur l’injonction d’une association extérieure à l’école, et sans consultation de la communauté scolaire, constitue d’abord une marque de mépris à l’égard des élèves et des enseignants qui ont imaginé ou réalisé ce dessin.

Dans cette “logique”, faut-il s’attendre à ce que les mêmes services débaptisent cette école puisque Prosper Mérimée a fortement contribué à l’introduction de la corrida en France ?

Faut-il s’attendre à ce que ces mêmes services ne soient enclins à empêcher que les élèves aient accès aux œuvres tauromachiques de Picasso ou de Goya, aux textes d’Hemingway ou de Mérimée, à l’opéra de Carmen et à interdire que des enseignants les emmènent au Musée des cultures taurines de Nîmes ?

Qu’en sera-t-il alors du message de Voltaire contre l’intolérance et pour la liberté d’expression, message dont l’Éducation nationale a rappelé, avec raison, à l’occasion du drame de Charlie Hebdo, qu’il constituait une de valeurs fondamentales de la République ?

L’Observatoire national des cultures taurines, au nom de la liberté d’expression et de la pluralité culturelle qu’il est indispensable de préserver, alerte ce jour Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier ministre, Madame la ministre de l’Éducation nationale et leur demande que cette fresque soit restaurée dans sa présentation originale afin de ne pas imiter, si peu que ce soit, les déprédations déplorables des talibans à l’égard du patrimoine artistique."

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